Historique de l’éolien

ou d’où nous venons et où nous allons…

Éole dans la mythologie grecque sous le nom d’ Αἰόλος, est le maître et le régisseur des vents.

Le vent, comme source d’énergie pour assister l’homme remonte à plusieurs millénaires, tout d’abord avec le découverte de l’utilité du vent pour faire avancer des bateaux à voile il y a 5,500 ans.

De même, le vent a été utilisé depuis les temps anciens par les architectes pour aider/augmenter la ventilation des habitations, surtout dans les pays chauds.

Les premières applications « mécaniques » furent dans le secteur de pompage d’eau surtout pour l’irrigation (Babylone, au XVIIème siècle av. JC), mais la première éolienne fonctionnelle remonte au premier siècle, à Alexandrie, et servait à alimenter en air comprimé un orgue!

Les premiers moulins, soit pour moudre du grain soit pomper de l’eau, remontent au IXème siècle dans ce qui est aujourd’hui l’Iran.

moulins-nederlands-pays-basLa fin du moyen-âge vit une explosion des moulins à vent (du type que nous connaissons bien aujourd’hui sur les cartes postales de Hollande) surtout utilisés pour pomper l’eau de zones inondables et pour l’irrigation. L’avantage des moulins à vent est qu’ils fonctionnaient même quand l’eau gelait, ce qui paralysait les moulins à eau.

En 1887 le premier moulin à vent pour produire de l’électricité fut installé en Ecosse et fournissait de l’électricité pour un chalet…

eolienne-pompage

 

 

 

Fin du XVIIIème et le XIXème siècle ont vu un essor grandissant pour les petites éoliennes mais surtout pour des usages agricoles tels que pompage et irrigation avec un faible segment produisant de l’électricité, ces dernières étant situées surtout dans les zones peu densément peuplées ou trop isolées et sans connexion au réseau de distribution.

 

La révolution industrielle..

Si, au départ le premier moteur électrique remonte à 1821 (Faraday), leurs premières utilisations industrielles devront attendre 1837, ce furent les premiers véritables consommateurs d’énergies électrique.

L’électricité, depuis l’invention de l’ampoule en 1879 par Thomas Edison, a totalement transformé notre mode de vie tant à domicile qu’au travail et la consommation électrique n’a cessé de croître, au point qu’aujourd’hui il serait impensable de vivre sans électricité.

Tout ce qui nous entoure dans la vie quotidienne dépend ou fonctionne, en tout ou en partie, de ou à l’électricité (machines de tout types, éclairages, voitures, communications, usines, imprimeries, ordinateurs, avions, bateaux à moteur, téléphones, cuisines, montres, fers à repasser, batteries … et tant d’autres choses qu’une liste exhaustive est pratiquement impossible à produire).

La nécessité absolue de produire de l’électricité en quantité de plus en plus grande pour suivre les demandes tant industrielles que domestiques a vu naitre nombre de centrales productrices de cette énergie.

Au départ ce fut essentiellement avec le charbon puis les dérivés pétroliers et aussi le gaz tous plus ou moins bon marché, très communs et relativement faciles à exploiter.

L’hydroélectrique a eu son succès là où il y avait une relativement grande concentration de population mais aussi la possibilité soit d’un cours d’eau puissant, soit de construire des barrages avec des réserves d’eau importantes.

La prise de conscience…

Les années ’70 ont vu une évaluation et une conscientisation que les réserves fossiles ne seraient pas infiniment là (étant non renouvelables – du moins à court terme) et que la solution des premières centrales nucléaires, efficaces et non polluantes, avaient aussi des problèmes au point de vue environnemental (surtout en terme de déchets) et donc qu’il y avait un besoin de trouver d’autres ressources dites renouvelables.

Le XXème siècle a vu des hauts et des bas dans le développement des éoliennes productrices d’électricité.

Par exemple, lors de la grande dépression des années ’30 beaucoup de fermiers (surtout aux Etats Unis) y ont eu recours à cause des investissement relativement modestes nécessaires et que l’usage de l’électricité, en dehors de l’éclairage, était beaucoup moindre qu’aujourd’hui. Mais très vite l’éolien ne pouvait concurrencer le coût de l’électricité produit par des centrales et avec un réseau de distribution de plus en plus large et accessible.

Pour trouver ce renouvelable, on s’est donc tourné vers ces énergies « gratuites » que sont le soleil et le vent car c’était tendance et le mouvement écologiste y voyait la solution suprême.

N’oublions pas cependant que le pétrole et le gaz (sous toutes leurs déclinaisons) sont aussi des ressources gratuites car nous ne les avons pas faites, elles sont (ou étaient) là!

Toute exploitation de ressource a un coût plus ou moins élevé suivant la simplicité/complexité, disponibilité/accessibilité. Les investissements nécessaires pour cette exploitation ne se réalisent que s’il y a ou aura une demande suffisante pour les justifier.

En nos temps modernes il est normal que de grosses entreprises investissent beaucoup pour se montrer à la pointe d’un secteur, quel qu’il soit, et pour essayer de le dominer aussi longtemps que possible. Ces entreprises organisées en lobbys puissants poussent les politiques à subsidier les investissements qui leurs permettent de se lancer sur le marché avec des produits dont le développement (et donc le risques financier) est pris par les pouvoirs publics et non le développeur lui-même.

D’où frais de développement presque nuls pour les entreprises pour des projets qu’ils n’auraient jamais envisagés d’eux-mêmes si cela avait exigé de fonds propres et donc à leurs risques et périls. (avec la proverbiale « Responsabilité du bon père de famille »).

Les espoirs de retirer tous les avantages promis par ces deux énergies que sont le soleil et le vent se sont vite avérées inefficaces et insuffisantes car ce sont des ressources qui, de par leur nature même, sont aléatoires et fluctuantes suivant les régions, les saisons et la topographie… et donc peu fiables et surtout très coûteuses pour la faible quantité d’énergie qu’elles produisent.

Les éléments climatiques et géographiques n’affectent peu ou pas les centrales dite conventionnelles (charbon/gaz/fuel/nucléaire) et peu l’hydroélectrique.

De par cette non fiabilité de production continue, on est obligé, quand même, de continuer à produire de l’électricité via des centrales… avec les coûts et désagréments qui en découlent. En particulier quand il semble évident que le solaire et l’éolien ne seront jamais à même d’éliminer ces dernières ni leurs effets secondaires tels que production de CO2 et autres déchets.

Historiquement, pour un pays industrialisé, nous consommons moins d’électricité aujourd’hui qu’il y a, par exemple, dix ans, car nous avons des équipements et des appareils électriques plus performants et avons, dans une certaine mesure, « appris » à utiliser cette énergie de façon plus intelligente.

Et ensuite…

Le tout n’est pas de produire plus mais mieux. C’est-à-dire en optimisant l’utilisation des ressources locales pour subvenir à une consommation d’énergie locale tout en réduisant la dépendance à des matières premières importées. Ces ressources locales doivent permettre de fournir de l’énergie de manière fiable et continue. Aussi il est important d’améliorer les systèmes d’interconnexion des réseaux afin d’éviter les pertes dues aux difficultés de stockage de cette forme d’énergie.

Évidemment cela demande une vision et un courage politique dont notre monde semble singulièrement manquer et qui a aujourd’hui, malgré l’urgence de la situation, beaucoup de peine à s’affirmer même avec toutes les initiatives citoyennes qui se multiplient d’année en année et dont VECA fait partie.